"We shall overcome", chanté hier par Pierre Derycke Music à l'occasion de la journée mondiale contre les violences policières. Merci :)

Posted by Stop le Contrôle au Faciès (Action contre les contrôles abusifs) on Monday, March 16, 2015
Mar 2015 16

Dans la semaine menant au procès des policiers mis en cause dans la mort de Zyed et Bouna Traoré en 2005 à Clichy-Sous-Bois qui se déroulera à Rennes à partir du 16 mars prochain, des associations de quartiers populaires, de lutte contre les abus policiers, de lutte contre les discriminations, de familles de victimes décédées des suites d’une interpellation, et d’étudiants, de travailleurs sans papiers et de Droits de l’Homme se mobilisent pour ce qu’ils estiment être la dernière ligne droite pour la Justice dans une affaire qui a bouleversé toute une génération.

Elles se réuniront sur le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro dimanche 15 mars, qui s’avère également être la journée mondiale contre les violences policières, pour montrer leur soutien, et rappeler que contrôles au faciès, violences verbales et physiques, mutilations par armes non létales et morts dans le cadre d’interpellation sont non seulement les suites logiques les unes des autres et monnaie courante en France, mais ne font pas, comme le rappelait le Défenseur des Droits récemment, l’objet de recours et condamnations suffisantes au regard du droit européen.

Plusieurs d’entre elles demandent aux parlementaires de saisir cette date historique pour enfin créer une commission parlementaire sur les dysfonctionnements au sein des forces de l’ordre, étudiant tous les processus de la chaîne, leurs conséquences et leurs solutions, du simple contrôle au faciès jusqu’aux morts ne faisant l’objet d’aucun procès, nourrissant un sentiment d’impunité policière en France, d’ailleurs dénoncéepar Amnesty International.

Prises de parole, lectures de poèmes, chorale gospel, die in, l’événement se veut solennel, fort et beau rassemblant tous ceux qui, parce qu’ils sont la cible d’abus policiers à cause de ce qu’ils sont à travers le monde, ou parce qu’ils y ont laissé des proches, s’identifient à Zyed, Bouna, et Muhittin – qui avait survécu au drame en 2005 – ainsi qu’à leurs familles.

En amont, les 12 et 13 mars, le Forum Interfac contre les Violences d’Etat organisera projections, débats, block party et concerts aux universités de Censier et de Tolbiac  à Paris. Le 14 mars, la famille Aït Omghar organisera une marche à Montigny en Gohellepour exiger la reconstitution de la mort de Lahoucine, tué de 5 balles devant chez lui sous prétexte qu’il menaçait la police avec des ciseaux. Le 14 mars au soir se dérouleront une projection en soutien du film « Qui a tué Ali Ziri ? », mort étouffé à 69 ans au cours d’un contrôle d’identité suivi d’un concert, organisés par le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri à Saint-Denis.

Dans un contexte où la police bénéficie d’une confiance renouvelée de la part des français, les associations rappellent le caractère emblématique de l’affaire de Zyed et Bouna, qui, terrorisés à l’idée d’un simple contrôle d’identité, sont partis se réfugier dans un transformateur électrique, et y ont trouvé la mort, puisque plus de 15 familles par an perdent un proche dans le cadre d’une interpellation sans voir la justice.

Le Collectif Urgence Notre Police Assassine souligne que le Syndicat Alliance, qui avait exigé la fin de la protection de CharlieHebdo, demande chaque année plus d’armes et le droit à la présomption de légitime défense, alors que morts en service diminuent pendant que les morts des suites d’une interpellation augmentent, comme l’ont montré quelques affaires à résonnance médiatique telles que celles de Rémi Fraisse à Sivens, Bertrand-Bilal à Joué-les-Tours, ou Abdoulaye Camara au Havre fin 2014.

C’est en hommage à Zyed et Bouna qu’avait été lancée la web-série à succès Mon 1er Contrôle d’identité par le Collectif contre Les Contrôles au Faciès en 2011, dans laquelle des rappeurs racontaient leur histoire et son impact sur leur rapport à la police, et diffusaient un numéro de SMS de recours. Celle-ci officialisait la campagne Stop le contrôle au faciès ! qui a abouti entre autres à la première plainte collective contre l’Etat pour contrôle au faciès, et quatre propositions de loi en faveur d’une remise de procès verbal pour les contrôles d’identité afin de mieux les comptabiliser, les évaluer, et les dénoncer en cas d’abus.

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